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HISTOIRE DE LA VILLE DE PERIGUEUX

Publiée le 29/09/2020
PÉRIGUEUX, UNE VILLE PLUS DE DEUX FOIS MILLÉNAIRE
 

Si PĂ©rigueux et ses proches environs Ă©taient dĂ©jĂ  occupĂ©s aux origines de l’HumanitĂ©, la premiĂšre ville, nommĂ©e Vesunna (nom d’une divinitĂ© tutĂ©laire gauloise dont le rite sera conservĂ© par les romains), date du Ier siĂšcle avant J.-C. pendant l’occupation romaine en Gaule.

Au creux de sept collines, la "petite Rome" s’étend dans la boucle de la riviĂšre Isle et devient la capitale romaine de la citĂ© des PĂ©trocores. Au IIIe siĂšcle aprĂšs J.-C., l’Empire romain connaĂźt de graves difficultĂ©s et Vesunna comme d’autres citĂ©s se retranche Ă  l’intĂ©rieur d’une muraille construite avec les blocs dĂ©montĂ©s des grands monuments qui firent sa gloire.

Vers le Xe siÚcle, un centre monastique fréquenté par les pÚlerins se forme sur la colline qui domine la riviÚre autour du sanctuaire de saint Front, évangélisateur du Périgord.

À la Renaissance, PĂ©rigueux continue de se dĂ©velopper et devient un carrefour marchand dans la rĂ©gion. Ni les soulĂšvements des croquants, ni la RĂ©volution, n’entament la rĂ©putation commerciale de la ville.

Devenue PrĂ©fecture du dĂ©partement, c’est nĂ©anmoins l’arrivĂ©e du chemin de fer, sous le Second Empire, qui attire de nouveaux habitants. La population double pratiquement en 30 ans. La superficie de la ville augmente, entraĂźnant l’étirement du pĂ©rimĂštre urbain. Loin du thĂ©Ăątre des conflits, la population de la Dordogne n’en subit pas moins les consĂ©quences de la Grande Guerre. L’économie doit soutenir l’effort de guerre : les ateliers cheminots deviennent "Ateliers de la dĂ©fense nationale" et fabriquent des obus. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville, situĂ©e en zone libre, accueille plusieurs rĂ©seaux de la RĂ©sistance.

Un bourg fortifié de religieux, marchands et artisans, se constitue et devient une étape majeure sur la voie de Vezelay, pour les pélerins en direction de Saint-Jacques de Compostelle.

Entre le comte de la CitĂ©, soucieux de prĂ©server son autoritĂ©, et les bourgeois du Puy Saint-Front, les rivalitĂ©s sont nombreuses. La ville mĂ©diĂ©vale du Puy Saint-Front comprend une dizaine de secteurs de guĂ© (quartiers) : les combats se multiplient sur l’actuelle place Francheville, ancienne carriĂšre de pierres "entre-deux-villes". Un acte d’union donne naissance Ă  la ville de PĂ©rigueux en 1240 sous le rĂšgne de saint Louis.

La haute cathĂ©drale Saint-Front aux accents byzantins signe, telle une vigie, l’identitĂ© de PĂ©rigueux et son patrimoine. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle depuis 1998.

 

DES PAYSAGES URBAINS VARIÉS

LA "VILLE MODERNE"

Au XVIIIe siĂšcle, l’intendant de Guyenne, Louis-Urbain de Tourny, fait amĂ©nager des places, ouvrir des avenues et dĂ©bute le dĂ©mantĂšlement des anciennes fortifications. Aux fossĂ©s et aux remparts au nord de la ville, succĂšde le vaste mail des allĂ©es de Tourny. En 1826, un jeune architecte parisien de 20 ans, Louis-Baptiste Catoire bouleverse le parcellaire de la ville. Dessinant Ă  l’Ouest de nouveaux horizons, il finit de faire sauter le corset de remparts.

LA VILLE ROMAINE

Elle naĂźt aux pieds des collines, sur la rive droite de la boucle de l’Isle, vers 16 avant J.-C. Au IIe siĂšcle, elle s’étend sur 82 hectares et prĂ©sente toutes les caractĂ©ristiques d’une petite Rome. Deux siĂšcles plus tard, les crises politiques et militaires, les Ă©pidĂ©mies et les premiĂšres invasions entraĂźnent une baisse de la dĂ©mographie. Vesunna se replie derriĂšre ses remparts et sa superficie se rĂ©duit Ă  6,5  hectares. Aujourd’hui, des vestiges gallo-romains sont encore visibles : la Tour de VĂ©sone et la domus (actuel site-musĂ©e Vesunna), l'amphithĂ©Ăątre (actuel jardin des ArĂšnes).

LA VILLE MÉDIÉVALE

Sa singularitĂ© provient de sa composition autour de deux centres clos, la CitĂ© et le Puy Saint-Front, autour desquels se dĂ©veloppent des faubourgs. Le secteur sauvegardĂ© offre une idĂ©e de cet entrelacs de ruelles, avec ses maisons de bois et ses hĂŽtels particuliers en pierre. La zone protĂ©gĂ©e, crĂ©Ă©e en 1970 s’étend sur plus de 20 hectares et concerne le Puy Saint-Front dans son secteur piĂ©tonnier, la rue Limogeanne et l’ensemble des ruelles autour de la Tour Mataguerre.

LA VILLE CONTEMPORAINE

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, un projet d’embellissement est prĂ©sentĂ© avec l'amĂ©nagement du nouveau quartier Sainte-Ursule, le nouveau thĂ©Ăątre. La dĂ©molition du quartier des "Rues Neuves" au pied de la cathĂ©drale entraĂźne, jusque dans les annĂ©es 1970, le dĂ©placement de nombreuses familles vers les quartiers de Campniac et du Gour-de-l'Arche. En centre-ville, de nouveaux espaces urbains apparaissent comme la place Saint-Louis  inaugurĂ©e en 1980 et la place Francheville renovĂ©e en 2006.

PÉRIGUEUX AVANT / APRÈS, EN IMAGES

Une série de photos signée Edouard-Denis BALDUS (1813-1883) et archivée à la médiathÚque municipale Pierre Fanlac révÚle quelques clichés de Périgueux en mai 1860 : cathédrale Saint-Front, quartiers du Greffe et des Rues-Neuves, canal, etc.
Les prises de vues rĂ©centes permettent d’admirer le cadre de vie prĂ©servĂ© au fil des siĂšcles.

PÉRIGUEUX ET L’EXTÉRIEUR

JUMELAGE AVEC AMBERG

Depuis plus de 40 ans, les villes de PĂ©rigueux et d’Amberg (Allemagne) sont reliĂ©es par un « jumelage » entre les deux citĂ©s. Les Ă©changes suivis entre les deux ville crĂ©ent des passerelles amicales, des dĂ©couvertes, permettent d’accueillir des Ă©tudiants Ă  certaines pĂ©riodes de l’annĂ©e etc.A Amberg, plusieurs signes tĂ©moignent de cette amitiĂ© : une sculpture "la Vesona-turm" rappelle la tour de VĂ©sone, un rond point signale Ă©galement la distance qui sĂ©pare les deux citĂ©s.

A PĂ©rigueux, les entrĂ©es de ville avec panneaux signalent ce jumelage, dĂ©marrĂ© en 1947 avec la rencontre d'un prisonnier de guerre allemand Hans Kowar, qui se lie d'amitiĂ© avec un jeune prĂȘtre professeur, puis aumĂŽnier des françaisĂ  MĂŒnich, Henri Cellerier. A cette Ă©poque des premiers Ă©changes entre scouts, anciens combattants se mettent en place.

En 1962, les premiers échanges scolaires débutent, et en 1965, le jumelage est officialisé par Monsieur Paillou, maire adjoint de Périgueux, le docteur Steininger, maire d'Amberg et Monsieur Taulelle, préfet de la Dordogne. C'est le prélude des échanges entre conseils municipaux.

En 1993 est crĂ©Ă©e l'Association des amis d'Amberg donnant lieu Ă  de nombreux Ă©changes entre Ă©tudiants de mĂȘme que des Ă©changes privĂ©s ou associatifs. Elle sera prĂ©sidĂ©e pendant plusieurs annĂ©es par son fondateur le docteur Alain Chabanne.

PÉRIGUEUX « VILLE SƒUR » DE STRASBOURG

Les liens existant entre les villes de PĂ©rigueux et Strasbourg dĂ©passent le cadre du simple jumelage : il prend son origine dans l’Evacuation des milliers d’Alsaciens en Dordogne et Ă  PĂ©rigueux dĂšs la dĂ©claration de la seconde guerre mondiale, en septembre 1939.

Des suites de cet Ă©vĂ©nement historique, qui a profondĂ©ment marquĂ© les populations des deux villes, naĂźt un protocole, celui des « villes sƓurs », signĂ© en 1984 entre les deux citĂ©s.

Rappel historique

Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Ce mĂȘme jour, le gouvernement français dĂ©crĂšte la mobilisation gĂ©nĂ©rale et l’état de siĂšge. Les autoritĂ©s militaires, appliquant un plan Ă©laborĂ© de longue date, ordonnent alors l’évacuation des populations domiciliĂ©es entre la frontiĂšre allemande et la ligne Maginot avec effet immĂ©diat. DĂšs le lendemain, les Alsaciens de la zone Ă©vacuable doivent quitter leurs maisons et leurs biens. A pied, Ă  cheval, Ă  bicyclette, ils gagnent les centres de recueil, premiĂšre Ă©tape de l’itinĂ©raire vers les dĂ©partements du Sud-Ouest dĂ©signĂ©s pour les recevoir. Strasbourg devient ville morte.

La Dordogne, qui compte Ă  l’époque 380 000 habitants, s’apprĂȘte Ă  accueillir 80 000 Alsaciens. Elle devient le dĂ©partement d’accueil de Strasbourg et de 19 villages du Grand Ried. Choc culturel et social, dĂ©racinement : l’Evacuation va bouleverser des vies et des familles entiĂšres. TrĂšs vite, les commerces et les restaurants alsaciens ont pignon sur rue Ă  PĂ©rigueux. De nombreux bĂątiments voisins du quartier Sainte-Ursule sont occupĂ©s par les services administratifs de la Ville de Strasbourg.

AprĂšs une annĂ©e passĂ©e en Dordogne, les Ă©vacuĂ©s rentrent en Alsace. L’Armistice ayant Ă©tĂ© signĂ© en juin 1940, l’Alsace fait pression sur le gouvernement français et sur les Allemands pour que les exilĂ©s regagnent leur dĂ©partement. 20% d’entre eux choisissent de rester en PĂ©rigord. Des annĂ©es aprĂšs, les liens tissĂ©s pendant la guerre se renouent et plusieurs jumelages voient le jour.

Charles Mangold, grand résistant strasbourgeois
 et périgourdin

NĂ© le 21 aoĂ»t 1891 Ă  Ostwald (Bas-Rhin) et fusillĂ© le 12 aoĂ»t 1944 Ă  PĂ©rigueux (Dordogne), le destin de Charles Mangold est l’un de ceux qui ont dessinĂ© la Dordogne et la France d’aujourd’hui.
Si l’une des rues de PĂ©rigueux porte son nom, qui figure Ă©galement sur le mur des fusillĂ©s, trop peu de gens connaissent la biographie de l’alsacien Charles Mangold, dont le souvenir a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© en novembre 2011 au cimetiĂšre Saint-Urbain de Strasbourg dans lequel repose sa « tombe d'honneur ».

AgĂ© de 23 ans, et parce qu’il ne voulait pas rĂ©pondre Ă  l'ordre de mobilisation gĂ©nĂ©rale des autoritĂ©s militaires impĂ©riales allemandes en 1914, le jeune Charles dĂ©serte et se rĂ©fugie Ă  Nancy oĂč il se porte volontaire dans les rangs de l'armĂ©e française. Sa dĂ©marche Ă©tant jugĂ©e irrecevable (l'armĂ©e française ne peut intĂ©grer des sujets allemands), Charles Mangold s'engage alors dans la LĂ©gion Ă©trangĂšre, rejoint le rĂ©giment de marche d'AlgĂ©rie (RMA), avant d’ĂȘtre envoyĂ© dans les Dardanelles en 1915, au 3e rĂ©giment de marche de zouaves en AlgĂ©rie en 1917, puis Ă  Constantine et Sidi Bel Abbes, avant d’ĂȘtre ensuite transfĂ©rĂ© Ă  Verdun jusqu'Ă  la fin de la guerre, en 1918. Le soldat sera blessĂ© Ă  six reprises durant cette premiĂšre guerre mondiale.

AprĂšs la guerre, il entre en 1919 au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres : il est dĂ©tachĂ© dans un organisme dĂ©pendant de la commission des rĂ©parations mise en place par le traitĂ© de Versailles. En septembre 1939, aprĂšs la dĂ©claration de guerre annonçant le dĂ©but de la seconde guerre mondiale, Charles Mangold est Ă©vacuĂ© avec son administration et comme des milliers de d'Alsaciens vers PĂ©rigueux, oĂč il fonde le groupe d'entraide des rĂ©fugiĂ©s d'Alsace (GERAL). Il fera ce dĂ©placement Ă  vĂ©lo


Au cƓur du quartier Saint-Georges, il est en 1941 l'un des fondateurs du Groupement d'entraide des rĂ©fugiĂ©s d'Alsace et de Lorraine. En octobre 1942, il entre officiellement dans la RĂ©sistance, sous le pseudonyme de « Vernois », en rejoignant le groupe Roland (dĂ©pendant de l'ArmĂ©e secrĂšte, A.S). Il deviendra  chef de l'A.S. de PĂ©rigueux en novembre 1942, puis chef de l'A.S. de Dordogne-Centre, qui couvre un trĂšs vaste territoire.
RepĂ©rĂ© par les services nazis, il entre dans la clandestinitĂ© en 1943. Inlassablement traquĂ© par la Gestapo, il continue nĂ©anmoins trĂšs activement son combat et ses actions, ce qui lui vaut, le 5 aoĂ»t 1944, d'ĂȘtre fait commandant des FFI. Mais il ne profitera guĂšre de ce nouveau grade : le 7 aoĂ»t 1944, alors qu'il circule Ă  vĂ©lo sur la route de Bordeaux, il est arrĂȘtĂ© Ă  hauteur de Razac-sur-l'Isle.

Conduit dans les bùtiments du 35e régiment d'artillerie divisionnaire de Périgueux, dans le quartier Daumesnil, Charles Mangold est interrogé et torturé. Pour ne pas parler, il tente de se suicider dans sa cellule en s'ouvrant les veines avec un morceau de boßte de conserve.

Ligaturant ses bras, ses geÎliers le raniment à l'aide d'une piqûre et, le traßnant dans l'enceinte de la caserne, le fusillent en compagnie de 21 autres résistants, le 12 août 1944. Périgueux sera libérée une semaine plus tard...
Son corps sera jeté dans une fosse commune et récupéré par la famille quelques jours aprÚs le départ des Allemands de Périgueux. Son cercueil sera ensuite transféré à Strasbourg  en novembre 1954.

Charles  Mangold a reçu la LĂ©gion d’Honneur et la MĂ©daille de la RĂ©sistance Ă  titre posthume. Le nom de ce hĂ©ros, associĂ© Ă  l’Histoire de la Ville, figure Ă©galement sur le monument du Mur des fusillĂ©s de PĂ©rigueux, sur le site mĂȘme de son exĂ©cution. Dans ce quartier Saint-Georges, chaque 19 aoĂ»t, date anniversaire de la libĂ©ration de la Ville, une cĂ©rĂ©monie en hommage aux morts pour la France est organisĂ©e.

Sources : https://perigueux.fr/bienvenue-a-perigueux/histoire-de-la-ville.html

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